Comme toute ville ancienne possédant un passé historique riche, l'histoire de la ville s'inscrit aussi sur les murs et façades des maisons au travers de plaques, souvent en marbre, parfois en métal ou en matérieaux plus moderne,  rappelant des évènements, des personnages célèbres locaux ou nationaux, voire internationaux.

Nous avons répertorié ces plaques de la manière la plus exhaustive possible, mais il est évident que certaines ont dû nous echapper. Cet ensemble n'attend qu'à être complété.

Voici la liste des plaques que l'on pourra trouver ci-dessous, rangées par ordre alphabétique.

A : AGUILLON Louis, ÂMES DU PURGATOIRE, ARCHIPRÊTRES, ARENE Paul, AUDIBERTI Jacques.

B : BACCIALONE Alcide, BAKER Joséphine, BECHET Sidney, BERNI Guillaume, BERTONE Pierre, BIONDO François, BOISSONADE Emile.

C : CASEMATES, CASERNE GAZAN, CENTRE NAUTIQUE, CHAMPIONNET, CIMETIERE, CLERGUES Jacques-Henry, COMMISSARIAT DE POLICE, CROIX ROUGE FRANCAISE.

D : DE GAULLE Charles, DE STAEL Nicolas, DOR DE LA SOUCHERE Romuald.

F : FERARE Honoré, FERSEN Paul, FONTAINE Marie-Jeanne, FONTVIEILLE.

G : GANSARD René, GAROUPE, GAZAN Théodore, GENDARMES D'OUVEA, GENTY Michel, GIGNOUX Paul, GIRAUD Jean, GRAHAM GREENE, GUIDE Alphonse, GUILLAUMONT Henri, GUILLAUT Joseph.

H : HUGO Victor, HUIT MAI, HUMEL Georges.

J : JEAN-LOUIS Jules.

K : KAZANTZAKI Nikos.

L : LAUNAT Marie, LE GALL Alexandre, LECACHE Bernard, LEVY Elie.

M : MAISON DU COMBATTANT, MANSON André, MARIEJOL Jean, MARINS, MASSENA André, MONET Claude, MONUMENT AUX MORTS, MOULIN Jean, MUR DU SOUVENIR, MUTERSE Alice.

O : ORBELLO Jean.

P : PAGLIUZZA Georges, PAUL Marcel, PIEDEFER Anne-Jeanne, PLACE NATIONALE.

R : REILLE Honoré-Charles, RESISTANTS, ROCHAT Philippe.

S : SALIS, SCOTT-FITZGERALD Francis, SOUPE POPULAIRE, STAHL Robert abbé.

U : UNBROKEN.

V : VANDENBERG Charles-Alexis, VAUBAN, VICTIMES DE L'ATLANTIQUE, VIEILLE GARDE, VINSON André.

 

A

AGUILLON Louis. 

Cette plaque se trouve sur la fontaine situé à l'extrémité du boulevard d'Aguillon à proximité de la porte marine. Cette plaque a été installée à l'origine sur la fontaine dite du Puits-neuf (actuellement au bas de la rue Georges Clemenceau afin de remercier M. Louis d'Aguillon, brigadier des armées du Roy pour ses travaux de restauration du vieil aqueduc romain, amenant à la ville les eaux qui lui manquaient. Détériorée en 1793, cette plaque fut rétablie en 1824, puis déplacée à l'emplacement qu'elle occupe actuellement.

ÂMES DU PURGATOIRE.

Cette plaque, apposée sur le mur de soutènement de l'immeuble "Les Jardins de l'amiral", se situe dans le virage au bas de l'avenue des âmes du purgatoire. Elle commémore un évènement militaire, survenu en 1536 qui est relaté dans la page "Histoire et anecdotes".

L'évènement rapporté est sujet à polémique, mais est profondément inscrit dans l'histoire antiboise devenant ainsi une réalité locale.

 

ARCHIPRÊTRES.

Située sur le dernier pilier droit de la nef centrale de la cathédrale d'Antibes, cette plaque rappelle le nom  de tous les archiprêtres nommé à Antibes après le concordat.

Rappelons qu'Antibes fut le siège d'un évêché du Ve siècle jusqu'en 1244, date à laquelle celui-ci fut transféré à Grasse, source d'une rancoeur tenace. Mais l'église d'Antibes gardât malgré tout son titre de cathédrale, ceci justifiant la nomination d'un archiprêtre étant donné qu'elle était en même temps église paroissiale.

ARENE Paul.

Le 17 décembre 1896, Paul Arène mourrait subitement dans la chambre qu'il occupait dans l'Hôtel National et d'Alsace, situé 44 rue de la République à Antibes, une mort que l'on attribua à l'absinthisme. 

Cette plaque disparut dans les années 1960, lors de la création d'un magasin d'alimentation (maison Robert). Devant l'émotion que cela souleva chez les antibois, attachés au souvenir de l'écrivain, une nouvelle plaque fut installée sur la façade du supermarché actuel.

Emmanuel Ducros écrivit dans "Le Petit Niçois" du 21 décembre 1896: " Paul Arène est mort dans cette ville d'Antibes qu'il a habitée tant de fois, qu'il s'est plu à peindre avec amour, où il a goûté si souvent la bouillabaisse classique, la bouillabaisse des anciens jours, la bouillabaisse sans 'berisci', celle que les premiers antibois inventèrent jadis  dans une calanque après la pêche, entre trois pierres sur un feu clair de brindilles de pin."

AUDIBERTI Jacques

Né à Antibes le 25 mars 1899 dans la rue Saint Esprit, au N° 4, où se trouve cette plaque. Son père était maçon. Il sera le sujet d'une chanson de Claude Nougaro : "Chanson pour le maçon". Bien qu'exilé à Paris de 1924 à 1942, puis de 1946 à sa mort, il revint régulièrement dans sa ville natale, sous ce soleil crétois qui plombait, dans cette mélancolie du sud qui l'a toujours inspiré et qu'il n'a jamais oublié.

B

BACCIALONE Alcide.

Né en 1910, décédé en 1998. Il fut nommé secrétaire général de mairie le 3 décembre 1951. Comme l'indique la plaque, il fut le 3e président et fondateur de l'association du port de la Salis créée le 8 décembre 1965. Celle-ci assure la gestion du port que lui sous-concède la mairie. Il a également été président de la caisse d'épargne d'Antibes.

Un quai du port Vauban porte le nom de quai Alcide Baccialone.

BAKER Joséphine.

Une plaque moderne située dans le nouveau jardin Joséphine Baker sis avenue amiral Courbet à Juan-les-Pins. On peut rappeler la vie de cette femme née Freda Josephine McDonald dans le Missouri en 1906, artiste de music-hall ayant fait scandale en son temps, Elle devint française en 1937 par son mariage. Elle s'impliqua dans la guerre et finit avec le grade de lieutenante de l'armée française de la libération. Elle reçut en 1946 la médaille de la Résistance. 

Elle fut également une figure important de la lutte pour les droits civiques des Noirs.

BECHET Sidney.

Le square Sidney Bechet se trouve à Juan-les-Pins dans une petite pinède agrémentée de massifs de fleurs. On peut y voir un buste du jazzman réalisé par Abel Chrétien (voir ce nom dans Personnages/Quelques artistes) et inauguré le 10 juillet 1960. Il faut signaler qu'il existe une copie de ce buste qui est installée dans le Louis Armstrong Park, North Rampart Street à la Nouvelle-Orléans.

Rappelons que Sidney Bechet entretenait un lien particulier avec Antibes. Il s'était marié à Antibes pour la troisième fois, avec Elizabeth Ziegler, le 17 août 1951 avec Mistinguett comme témoin. L'année suivante, il enregistra un de ses plus grands succès intitulé "Dans les rues d'Antibes", en souvenir du cortège mémorable qui avait animé son mariage de la mairie jusqu'au club du Vieux Colombier à Juan-les-Pins.

BERNI Guillaume.

Cette petite plaque en granite est apposée sur le mur d'un parc de villa située boulevard du Maréchal Juin au Cap d'Antibes, non loin du chemin des Ondes. Elle rappelle l'accident de deux-roues qui coûta la vie à ce jeune garçon de 16 ans.

BERTONE Pierre.

Cette pierre du souvenir qui se trouve à l'intérieur du collège qui porte ce nom, se situé non loin de l'avenue des martyrs de la Résistance. Ceci nous rappelle en permanence le sacrifice de certains pour défendre la liberté qui aujourd'hui nous paraît si naturelle.

Alors qu'il faisait des études d'architecture aux Beaux Arts à Nice, il s'est engagé dans la Résistance, réseau Buckmeister sous le pseudonyme "Claude". Il participa à de nombreuses actions notamment avec les maquis de l'arrière-pays. L'ensemble du réseau sera arrêté le 14 mars 1944 et tous les membres transférés à l'hôtel Hermitage à Nice où ils seront torturés par la gestapo. Pierre Bertone et trois autres des membres du réseau seront transférés au camp de Neuengamme près de Hambourg où Il mourra le 1er mars 1945. Le camp sera libéré par les troupes britanniques le 2 mai 1945. Pierre Bertone sera promu au grade de chevalier de la Légion d'Honneur.

Le collège qui porte son nom sera bâti sur l'emplacement de la propriété familiale et sera inauguré le 19 septembre 1973.

Pierre Bertone (1921-1945)

BIONDO François.

La fontaine de Bacon dite fontaine Biondo a été inaugurée le 23 juillet 1922 à l'occasion du 4e concours de pêche organisé par "L'Eclaireur de Nice". François Biondo était un photographe et dirigeait l'agence antiboise du journal. La fontaine fut bénie par le chanoine Bech. La plaque fut vandalisée à plusieurs reprises. Celle que nous voyons aujourd'hui est la troisième.

BOISSONADE Emile.

Au cimetière d'Antibes, au début de l'allée centrale sur la droite , on peut remarquer une tombe monumentale dédiée à Gustave Emile  Boissonade de Fontarabie. Juriste français né le 27 juin 1825 à Vincennes. Il est le fils de Jean-François Boissonade de Fontarabie (1774-1867), célèbre helléniste français, et de Marie-Rose Angélique Bontry.
Il sera docteur en droit en 1852, reçu au concours d’agrégation des facultés de droit en 1864. Il enseignera à Grenoble puis à la faculté de droit de Paris. C’est là qu’il rencontre Hisanobu Samejima, un homme politique japonais alors ministre qui lui propose de venir au Japon afin de participer à la modernisation du système juridique japonais et le rapprocher des systèmes occidentaux.
Laissant femme et enfants, il part au Japon où il restera de 1874 à 1895. Il y rédigera en français le code pénal et le code de procédure criminelle qui seront promulgués après traduction et discussion au sénat.

C'est ainsi que cette tombe est devenue un lieu de pèlerinage pour nombre de touristes japonais visitant notre ville.

C

CASEMATES.

Les casemates d'Antibes sont des pièces fortifiées aménagées dans l'épaisseur de la Courtine, destinées à l'origine à servir entrepôts pour les munitions, les vivres, les armes ou éventuellement pour y loger des soldats. Elles sont aujourd'hui occupées par des ateliers d'artistes. La rue qui mène du centre de la ville aux casemates s'appelait autrefois rue Neuve, puis prit ensuite le nom de sa destination à savoir "rue des Casemates". C'est au numéro 4 de cette rue que se trouve cette plaque qui commémore un évènement survenu  le 1er mars 1815. Napoléon ayant fui l'île d'Elbe, débarqua au Gour Juan (Golfe-Juan). Pensant pouvoir rallier la garnison antiboise, à savoir le 87e régiment d'infanterie, à sa cause, il envoya des émissaires successifs dont le lieutenant-colonel Lamouret accompagné de plusieurs officiers et de 20 grenadiers. Le détachement fut arrêté sur ordre des autorités de la ville. Les officiers furent mis aux arrêts dans cette maison de la rue des casemates "où siégeait la loge des francs-maçons" alors que les grenadiers furent enfermés dans la chapelle Saint-Esprit. Napoléon renonça alors au projet de rallier la ville à sa cause et poursuivit sa route vers Paris.

En souvenir de cet épisode, une plaque fut apposée sur la façade de la maison en question. Malheureusement, une erreur s'et glissée car les officiers détenus étaient Antoine Jean-Baptiste Lamouret, Jacques Casabianca, Vincent Bertrand, Jules Thibault et Pierre-Augustin Muraour. Le dénommé Peretti ayant réussi à fuir avant d'être découvert n'avait donc pas été arrêté.

 

CASERNE GAZAN.

Antibes, place militaire importante, gardant la frontière sud-est de la France, possédait deux grandes casernes. La caserne Dugommier, située sur la route de Nice, qui a laissé la place au Centre nautique, et la caserne Gazan, au centre ville, est dévolue aujourd'hui à la gendarmerie nationale.

Sur le mur extérieur de celle-ci se trouve un certain nombre de plaques commémorant les morts des différentes guerres les plus récentes. Cette caserne était autrefois un couvent propriété des religieuses de Saint-Joseph de l'ordre de Saint-Bernard que l'on appelait ici "Les Bernardines". Elles étaient chargées de l'éducation des jeunes filles. Ce couvent fut nationalisé en 1793 afin d'y installer un hôpital militaire, puis sera converti en caserne en 1801 qui prit le nom de "caserne P". Ne pouvant accueillir que 500 hommes la caserne bénéficiera de travaux réalisés sous la direction du commandant du génie Charles Jospeh Clerici qui donnera son nom à la caserne avant qu'elle ne soit rebaptisée "Caserne Gazan".

La plaque rappelle la construction, dans les années 1880, des nouveaux quartiers destinés à abriter le 7e bataillon de Chasseurs à pieds. A partir de 1888, tous les bataillons de Chasseurs à pieds deviendront des bataillons de Chasseurs alpins, les célèbres "Diables bleus" dont fait mention à Antibes le "carrefour des Diables-bleus" ou carrefour de l'Étoile.

 

CENTRE NAUTIQUE.

Le Centre Nautique d'Antibes a été édifié sur le site de l'ancienne caserne Dugommier dite "caserne des Chasseurs" ou encore "caserne des Prugnons", elle-même construite en 1889. Cette caserne sera démolie en 1973 pour laisser la place au nouveau centre nautique.

CHAMPIONNET

Jean-Etienne Vachier dit Championnet est très présent dans la mémoire antiboise. Une rue porte son nom, un buste lui est dédié, une plaque rappelle son décès à Antibes et son tombeau profite de l'ombre des arbres du Fort Carré, sous le bastion "France".

Plaque sur la façade du 8 rue Thuret.

Plaque du tombeau de Championnet au Fort Carré.

CIMETIERE.

Le vieux cimetière d'Antibes, dit cimetière de Rabiac, recèle plusieurs monuments commémoratifs militaires. 

Le grand monument qui domine le carré militaire, dédié "Aux Morts pour la Patrie". 1914-1918 et 1939-1945. Indochine. TOE. APFN. OPEX.

Le monument en mémoire des Antibois morts pour la France en Afrique du nord.

Le mémorial des Rapatriés sur lequel est apposée la plaque en marbre rose de l'association des Pieds-Noirs et leurs amis.

Le monument aux Harkis.

Il y a également le tombeau monumental des soeurs Trinitaires.

CLERGUES Jacques-Henry.

Cette plaque se trouve sur la tombe de celui qui fut le fondateur du musée du bastion Saint André. Il fit de nombreuses fouilles archéologiques à Antibes entre 1953 et 1956 au cours desquelles il fit les relevés de la table Saint Roch aujourd'hui disparue. Il publia plusieurs livres et articles sur ses recherches archéologiques. 

Il est l'auteur de la grande fresque qu'il réalisa en 1952/1953, illustrant deux épisodes historiques antibois : l’escale du pape Grégoire XI à Antibes en 1376 et le don de René de Savoie pour l’agrandissement de la chapelle en 1520.

COLONNE DE LA PLACE NATIONALE.

La place Nationale occupe l'emplacement de l'ancien forum romain. Au XVIIe siècle, elle était occupée par les "Jardins du Roy". Elle s'appela ensuite "place Neuve", pour faire pendant à la place vieille devenue le cours Masséna. Elle se nomma alors place Reille avant de devenir  la place Royale à la Restauration puis place Nationale. Mais les Antibois l'ont souvent appelé place de la Colonne en raison de la présence en son centre d'une colonne érigée en 1818 pour immortaliser la résistance de la ville aux troupes ennemies lors du blocus de 1816. La première pierre fut posée le 31 mai 1818. Quatre plaques de marbre ornent cette colonne afin de rappeler les évènements liés à son édification ainsi que l'ajout d'un bassin entourant son pied qui fut supprimé au XXe siècle.

Sur le socle trois plaques rappellent: la mise au rang des "Bonnes Villes " du royaume acté par une ordonnance royale du 20 mars 1816, la reconnaissance par le roi du courage des habitants, et enfin montrant le nouveau blason de la ville entouré de palmes.

COMMISSARIAT DE POLICE.

Cette plaque installée dans le hall du commissariat de police d'Antibes situé rue des frères Olivier, rappelle l'inauguration du nouveau commissariat le 28 mai 1991. Au début du XXe siècle, le poste de police était installé à l'hôtel de ville dans des locaux exigus. En 1947, la municipalité acheta une maison située à l'angle du boulevard Albert 1er et de l'avenue Maizière afin d'y installer le nouveau commissariat. Ce bâtiment avait été une pension de famille dénommée villa Gypsy's à laquelle avait succédé l'hôtel La Pergola appartenant à M. Still. Par la suite, devenu très vétuste, la nécessité d'un lieu plus moderne et plus adapté se fit sentir, ce qui amena la création du nouveau commissariat de la rue des frères Olivier.

CROIX ROUGE FRANÇAISE.

Cette plaque est apposée sur la façade du 27 rue du docteur François Delmas. Celui-ci fut le fondateur en 1903  du dispensaire de la Croix-Rouge, ce qui lui valut le surnom de "médecin des pauvres". La plaque indique l'emplacement du foyer des anciens.

D

DE GAULLE.

Le monument dédié au général de Gaulle, libérateur de la France et auteur de l'appel du 18 juin est installé sur la place éponyme. Ce monument a été récemment déplacé de quelques mètres pour ne pas entraver la perspective allant du jardin Albert 1er au Grand-Hôtel.

Rappelons que le général de Gaulle est venu trois fois à Antibes. La première fois en janvier 1946, après avoir démissioné du gouvernement provisoire en raison de l'opposition des socialistes. Il séjourna alors à l'hôtel Eden Roc au Cap d'Antibes du 6 au 14 janvier 1946. La deuxième fois, ce fut le 12 septembre 1948, lorsque le maire de l'époque, Charles Guillaumont, le reçut en tant que "Premier Résistant et libérateur de la patrie". La troisième fois, il vint comme chef de l'Etat. C'était le 22 octobre 1960. Il était venu pour participer aux fêtes du centenaire du rattachement du comté de Nice à la France et fut reçu par le maire Pierre Delmas.

Sur le monument, une plaque en matériau moderne rappelle les termes de l'appel du 18 juin 1940.

Le général de Gaulle et le maire Pierre Delmas le 22 octobre 1960. Photo Nice-Matin

DE STAEL.

Nicolas de Staël, de son vrai nom baron Nicolaï Vladimirovitch Stael von Holstein né à Saint Pétersbourg, naturalisé français en 1948, est un artiste peintre prolifique d'origine russe, devenu français en 1948. Il s'est installé à Antibes à l'automne 1954 à la suite d'une profonde dépression. Pour échapper à celle-ci, il se lança dans une création frénétique, réalisant plus de 300 toiles sur une période de 6 mois. Lui qui revendiquait "le vertige comme un attribut de qualité", il mit fin à ses jours le 16 mars 1955 en se jetant de la terrasse de la villa Ardouin où il avait son atelier. Cette maison a été classée monument historique en 2014.

Caricature réalisée avec Gémini.

DOR DE LA SOUCHÈRE.

Romuald Dor de la Souchère (1888-1977). Arrivé à Antibes comme professeur de français-latin-grec. Passionné d'art, il réussit à convaincre les autorités municipales d'Antibes d'acheter le château Grimaldi qui était alors en vente. Il sera l'acteur principal de la création du futur "Musée Picasso" dont il sera nommé Conservateur avec Gilbert Gianangelli comme adjoint. Il réussit à y attirer Picasso qui travaillera sur place pendant 2 mois, laissant à son départ un certain nombre de ses oeuvres.

Romuald Dor de la Souchère. Photo Biondo-Bonhomme.

F

FERARE.

Honoré Ferare (1890-1914) est né à Antibes. Il était caporal au 111e régiment d'infanterie lorsqu'il disparut à Dieuze pendant la Grande Guerre.

Cette plaque est fixée sur le mur extérieur de la caserne de la gendarmerie nationale rue du général Vandenberg.

FERSEN.

Cette plaque est fixée sur le mur du parvis d'entrée du collège Fersen. Le collège Fersen porte le nom du comte Paul de Fersen (1830-1865), russe d'origine allemande qui vint s'installer à Antibes où il acheta en 1863 une grande propriété aujourd'hui disparue, qui se nommait alors "Château de la Reynarde" située entre l'actuelle route de Grasse et le chemin des Combes. Généreux donateur pour la ville, on lui doit la création de la route du Cap qui permit le désenclavement de ce quartier autrefois déshérité devenu un des lieux d'attrait de la ville.

Une plaque sera fixée sur le mur du parvis du collège en souvenir de plusieurs enfants juifs antibois qui ont été arrêtés avec leur parents et déportés. leur identité est connue. Sur la liste établie par Serge et Beate Klarsfeld il y avait les noms de quatre fillettes demeurant à Antibes, déportées vers un camp de la mort. Il s'agissait de  Dorine, Eliane et Paulette HIRTZ âgées respectivement de 14, 11 et 8 ans et habitaient 22 avenue Thiers. Arrêtées  avec leurs parents, Frieda et Edmond, elles furent transférées à Drancy et déportés à Auschwitz le 20 novembre 1943, par le convoi 62. Une autre fillette âgée de 14 ans, Hélène Stern a subi le même sort. Elle demeurait Villa Marie, une petite maison du boulevard Chancel. Elle a été arrêtée et déportée avec ses parents Joseph et Margareth, par le convoi 61, parti le 28 octobre de Drancy vers Auschwitz.

FONTAINE.

Marie-Jeanne Fontaine a créé la maison sur laquelle est fixée cette plaque, au sommet de la rue du Bas-Castelet. A l'époque, la petite placette n'existait pas. Elle avait destiné sa maison à l'accueil d'artistes (peintres, écrivains, musiciens, vidéastes…) en villégiature, pour une période de 3 à 6 mois.

FONTVIEILLE.

En bas de la rue Vauban, la vieille fontaine a été édifiée en 1853 sur l'emplacement du plus ancien et unique point d'eau de la ville. Son nom vient du provençal font qui veut dire source ou fontaine, et vieilh, vieille. Il s'agit, comme son nom l'indique, de la plus ancienne fontaine de la ville. Après avoir laissé se détériorer les vieux aqueducs romains, il ne restait là qu'un vieux puits pour alimenter la ville en eau. Un homme, payé par la communauté, en était chargé de la surveillance et de l'entretien. L'eau était à la disposition des citoyens, moyennant quelques prescriptions gravées dans le marbre

La fontaine est constituée d'un corps massif surmonté d'un chapiteau triangulaire à l'image des temples antiques. A ses pieds, un large bassin alimenté par deux tuyaux d'eau en bronze. La façade avant de la fontaine est constituée de deux plaques de marbre où se trouvent les inscriptions gravées.

G

GANSARD.

Le don que firent Monsieur et Mme Gansard d'une maison du vieil Antibes permit la création de la crèche Saint Antoine située au numéro 13 de la rue du même nom. En remerciement, cette plaque a été apposée sur la façade du numéro 5 de la rue de Fersen.

GAROUPE.

Il y a de nombreuses plaques de remerciement qui se trouvent dans le sanctuaire qui ont été répertoriées et étudiés dans plusieurs ouvrages. 

A l'extérieur de celui-ci, dans l'abri des pèlerins, se trouve une plaque ancienne qui appelle à la générosité et rappelle le sacrifice de Jésus-Christ.

Une plaque située à l'intérieur du bâtiment exprime le remerciement des habitants de Biot venus le 3 mai 1609 en pèlerinage à la Garoupe afin de demander à la vierge qu'elle leur amène la pluie. Ayant été exaucés, ils vinrent régulièrement en pèlerinage afin de la remercier.

GAZAN

Le comte Honoré Théodore Maxime Gazan, comte de la Peyrière (1765-1845) fit une brillante carrière militaire que rappelle cette plaque fixée sur le mur d'entrée de la gendarmerie qui porte son nom.

Il termina sa carrière comme commandement de la 8e division militaire de Marseille 

GENDARMES D'OUVÉA.

Du 22 avril au 5 mai 1988, la prise d'otages d'Ouvéa secoua la communauté nationale. Quatre gendarmes furent tués par des indépendantistes Kanaks lors de cette prise d'otages et 27 gendarmes furent emmenés vers la grotte de Gossanah. Leur libération fut réalisée lors d'un assaut entrainant la mort de 2 militaires et 19 preneurs d'otages. Parmi les gendarmes tués se trouvait l'adjudant-chef Georges Moulié, un ancien membre de l'escadron d'Antibes. En souvenir, cette plaque a été placée près de la gendarmerie sur un des murs de la place du 24 août  qui à cette occasion a été dénommée "Place des Gendarmes d'Ouvéa".

Georges Moulié.

GENTY.

Autrefois, pour se rendre du centre ville à la route de la Badine, il fallait traverser la voie ferrée par un passage à niveau  source d'accidents. Il fallut plusieurs années pour qu'une solution soit trouvée. Ce fut la mort accidentelle de Michel Genty le 5 novembre 1971, renversé par un train, qui amena la création d'un passage souterrain passant sous la voie ferrée, auquel son nom fut donné.

GIGNOUX.

Né le 4 août 1867 à Annecy, Paul Gignoux fut affecté au 111e régiment d'infanterie à Antibes entre 1912 et 1914. Envoyé sur le front, il fut blessé à deux reprises, reçut la croix de guerre, fut élevé à la dignité d'officier de la Légion d'Honneur. Il est mort pour la France en 1920. Sa tombe se trouve au cimetière Rabiac.

GIRAUD.

Elève de l'école navale d'où il sortit en 1916, Jean Giraud fut affecté à l'armée navale d'orient avec le grade de commandant. Il obtint la croix de guerre. Il prit sa retraite à Antibes et devint président de la station de sauvetage d'Antibes et président de l'amicale des marins. Il fut également administrateur de la caisse d'épargne. Il anima avec Marie Fischer l'association des castors qui regroupait les gens souhaitant mutualiser leur travail pour construire leur maison.

Cette plaque est située sur le mur du sanctuaire.

GRAHAM GREENE.

L'écrivain (1914-1991) s'était entiché d'Antibes en 1940, attiré par son ami le producteur Alexandre Korda. En 1966 il acheta un petit deux-pièces au n° 6 de l'avenue Pasteur, dans la "Résidence des Fleurs" construite sur un terrain appartenant à la famille Gansard. Il quitta Antibes en 1990 pour se faire hospitaliser en Suisse où il mourut le 3 avril 1991. Peu avant de mourir, il déclara: "J'ai été heureux à Antibes, la seule ville où il m'eut été possible de vivre."

GUIDE.

Plaque déposée dans la chapelle Saint-Jean par la direction de l'hôpital Lenval en remerciement pour un don.

GUILLAUMONT.

Installée au niveau du pont Guillaumont à Juan-les-Pins, cette plaque honore Henri Guillaumont, maire adjoint aux finances lors des mandatures de Pierre Delmas, maire de 1959 à 1971, puis de Pierre Merli. Il mourut accidentellement par noyade, le 30 juin 1976.

GUILLAUT.

Cette pierre gravée, posée sur le mur extérieur de la caserne de la gendarmerie nationale, honore les résistants fusillés et en particulier le général Joseph Ulysse Justin Guillaut né le 13 avril 1895 à Marseillan dans l'Hérault. Saint-Cyrien, officier dans l'infanterie, plusieurs fois blessé, il a été affecté au 20e BCA (Bataillon de chasseurs alpins) d'Antibes. Il entra dans la Résistance en 1943 il devint chef de l'OMA (organisation métropolitaine de l'armée), puis responsable de la région sud de l'Organisation de la résistance armée (ORA). Arrêté à Toulouse en mai 1944, il sera fusillé un mois plus tard. Il sera promu à titre posthume au grade de général de brigade.

H

HUGO.

Le jardin Victor Hugo qui se trouvait sur le bastion d'Epernon, face à la mer a été restructuré et rebaptisé il y a quelques années pour devenir le jardin des poètes. Le buste de Victor Hugo, œuvre de Monique Galy, qui avait été installé là depuis les célébrations du centenaire de la mort du grand écrivain en 1985 a conservé sa place regardant les flots. Rappelons que  Victor Hugo fit un voyage en Provence avec sa maîtresse Julienne Gauvain au cours de l'année 1839. Il passa une journée à Antibes où il déjeuna. A cette occasion, il écrivit les quelques lignes qui sont rappelées sur le piédestal du buste.

HUIT MAI.

Le square du Huit Mai abrite le monument des Maréchaux qui honore les 4 officiers victorieux devant l'ennemi : Philippe Leclerc de Hautecloque, Jean de Lattre de Tassigny, Alphonse Juin et Pierre Koenig.

HUMEL

Georges Humel (1863-1932) fut administrateur des colonies. Installé à Antibes après sa retraite, il a fondé l'amicale des coloniaux de la ville dont il a été le président. Cette plaque se trouve sur sa tombe au cimetière de Rabiac.

J - K

JEAN-LOUIS.

Cette plaque est fixée sur la façade de l'immeuble situé au n° 1 de l'avenue Philippe Rochat. 

Jules JEAN-LOUIS est né le 28 octobre 1916 à Antibes dans la villa Roméo et Juliette, qui occupait l'emplacement où se situe l'immeuble portant sa plaque. Orphelin de père à 3 ans, il vécut dans le Var, fit ses études de médecine à Marseille puis rejoignit l'armée. Reconnu inapte en raison de problèmes cardiaques, il fut malgré tout admis et détaché au Val de Grâce. Affecté au 69e régiment d'infanterie de forteresse, il sera fait prisonnier en 1940. il passera sa captivité à exercer son métier auprès des autres prisonniers. A son retour, il sera envoyé en Indochine puis participera à la guerre de Corée en tant que chef du service de santé du bataillon français de l'O.N.U. C'est la qu'il trouvera la mort le 8 mai 1951 à 34 ans en voulant porter secours à deux soldats sud-coréen blessés.

Il reçut de nombreuses décorations dont la Légion d'Honneur et reçut un grand hommage sous la forme d'une statue de bronze le représentant grandeur nature sur les lieux mêmes de sa mort.

KAZANTZAKI.

Au sommet de la rue du Bas-Castelet, une portion élargie de la voie a permis de créer une petite place devant la maison de Marie-Jeanne Fontaine. Cet espace porte désormais le noms de "Placette Nikos Kazantzaki".

Dans la rue du Haut-Castelet, avant d'atteindre la place du Safranier, se trouve dans un renfoncement encadré de verdure, le banc où, parait-il, il aimait se reposer. Au-dessus, une plaque de marbre fixée dans le vieux mur de pierre rappelle son souvenir et une de ses phrases emblématique : "Je n'attends rien, je n'espère rien, je suis libre.".

L

LAUNET.

Madeleine Launet (1896-1915)

LE GALL.

L'abbé Alexandre Le Gall fut le premier vicaire nommé à Antibes par Monseigneur Paul Rémond évêque de Nice.

LECACHE.

Abraham Bernard Lecache né le 16 août 1895 à Paris 3°, est issu d'une famille juive ukrainienne ayant émigré en France et qui obtint la nationalité française en 1905. Après des études à la Sorbonne, il exerça le métier de journaliste. Militant puis membre du parti communiste dont il sera exclu, il sera membre de la Ligue des droits de l'homme.

Il créera en 1928 la Ligue internationale contre l'antisémitisme (LICA) qu'il présidera jusqu'à sa mort survenue le 14 août 1968 à Antibes.

Cette plaque est fixée sur la façade de la maison qu'il occupait au n° 2 placette Kazantzaki à Antibes.

LEVY.

Né le 29 août 1895, Elie Amédée Levy fait partie de ces héros discrets de la Resistance à l'envahisseur nazi. Blessé et gazé pendant la première guerre mondiale, il termina ses études de médecine après la guerre. Il quitta la région parisienne en 1933 après une opération du poumon pour s'installer à Antibes afin de trouver un climat plus favorable à sa santé. Démobilisé en 1940 il reprit ses activités à Antibes. Très vite il s'engagea dans la Résistance devenant sous le nom de Louis membre du réseau Urchin. Il reçut chez lui des agents du SOE (Special Operation Executive) et les chefs du MUR (mouvements unis de Résistance). Repéré par la police il dut se cacher en Isère mais revint à Antibes où il se fit arrêter  par les Italiens. Remis aux Allemands en 1943, il fut transféré au camp de Auschwitz-Birkenau. Il sera abattu  par les Allemands après l'évacuation du camp sur la route de Ratibor le 24 janvier 1945. La plaque souvenir est fixée sur la façade de sa maison au 31 bis boulevard Foch.

M

MAISON DU COMBATTANT.

Dans le hall de la maison du combattant située 12 avenue du principal Pastour, se trouve une plaque en souvenir de l'inauguration de ce lieu de rencontre pour les anciens combattants ainsi qu'un lieu d'accueil pour les associations ayant un lien avec le milieu militaire comme les fils des tués.

MANSON.

Cette plaque se trouve sur la façade du n° 58 de la rue de la République à Antibes où il tenait un magasin de bijouterie. Il était né à Antibes en 1911, s'était engagé dans la Résistance. Il faisait partie du réseau Tartane créé fin 1942 par Yves le Crom-Hubert, un réseau très actif localement. Arrêté par la Gestapo le 21 mars 1944, déporté vers le camp de Neuengamme, mort le 3 mai 1945 alors qu'il était transporté sur un navire allemand, le Cap Arcona, dans la baie de Lübeck lors d'un bombardement britannique (catastrophe de la baie de Lübeck)

MARIEJOL.

Jean-Hippolyte Mariejol est né à Antibes le 22 mai 1855 au n°8 de la rue de l'Horloge où cette plaque commémore sa naissance. Il fut professeur à la faculté de lettres de Lyon et collabora avec Ernest Lavisse pour qui il écrivit deux tomes pour son œuvre monumentale sur l'Histoire de France. Il mourut le 18 juin 1934 à Antibes en léguant à sa ville natale la somme de 500 000 francs destinée à l'hôpital En reconnaissance, la ville donnera son nom à la place du Château par délibération du conseil municipal du 4 juin 1935.

MARINS.

Rien d'étonnant à ce qu'une ville tournée vers la mer comme Antibes, possède un monument en souvenir des marins. Celui-ci se trouve bien évidemment sur le port. Il s'agit d'une stèle présentant quatre faces portant chacune une plaque de marbre noir gravée de lettres dorées. La stèle en ciment blanc est surmontée d'un boulet enchainé à une ancre monumentale posée devant la stèle. Deux anciens canons de marine complètent l'ensemble. Sur l'une des faces, l'inscription : "A la mémoire des marins péris en mer". Sur une autre face l'inscription rappelle l'inauguration du monument  par M. Pierre Merli sénateur-maire d'Antibes. Sur la troisième face, les autorités et association diverses ayant participé à la réalisation du monument.

MASSÉNA.

André Masséna, célèbre maréchal de Napoléon,a vécu un certain temps à Antibes, avant que la gloire ne l'attende sur les champs de bataille de toute l'Europe. Il vivait avec son épouse Marie-Rosalie Lamarre dans une maison au n° 21 de la place Vieille devenue aujourd'hui cours Masséna. Une plaque sur cette maison rappelle sa prèsence en nos murs.

MONET.

Claude Monet séjourna au Cap d'Antibes de janvier à mai 1888. Sur les conseils de Guy de Maupassant, il loua une chambre au château de la Pinède qui était alors une résidence pour artistes. Il réalisa de nombreux tableaux montrant divers aspects de la ville et de ses alentours.

Vue d'Antibes par Claude Monet, 1888. Musée des Beaux-Arts de Boston.

MONUMENT AUX MORTS JUAN-LES-PINS.

Ce monument se trouve dans la pinède, sur l'avenue Georges Gallice. Il est constitué de six blocs de pierre calcaire superposés constituant une croix, reposant sur un socle également en pierre calcaire. Sur trois des faces du bloc de base sont fixées trois plaques de marbre indiquant les morts antibois des guerres du XXe siècle.

MOULIN.

Le mémorial à Jean Moulin se trouve au milieu de l'avenue de Verdun, au niveau de l'esplanade Jean Moulin. Il est constitué d'un bloc de calcaire sur lequel sont fixées deux plaques de marbre vert. Celle du haut rappelle la dernière phrase du discours que prononça André Malraux lors de l'entrée au Panthéon de l'illustre résistant. Elle s'adresse à la jeunesse : "Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France". La plaque inférieure est consacrée à l'inauguration de l'esplanade Jean Moulin effectuée le 25 août 1974 par M. Pierre Merli, maire de la ville en présence de M. Lambertin Préfet des Alpes-Maritimes.

MUR DU SOUVENIR.

J'ai baptisé ainsi le mur extérieur de la Caserne Gazan qui longe l'avenue du général Vandenberg. On y trouve plusieurs plaques rappelant les noms des militaires tués lors des guerres du XXe siècle dans lesquelles la France était impliquée, mais aussi lors d'interventions civiles.

Soldats du 111e R.I. morts dans l'incendie du mont Caume le 23 août 1906.

Officiers du 9e B.C. (47) et du 49e B.C. (19) tombés au Champ d'Honneur.

Sous-Officiers du 9e B.C.A. (141) tombés au Champ d'Honneur.

Le 20e B.C.A. à ses morts. Guerre de 1914-1918.

Tués en 1939-1945.

Officiers, sous-officiers, caporaux et chasseurs des 20e et 60e B.C.A. morts au Champ d'Honneur de 1939 à 1945.

Aux officiers du 20e B.C.A. morts au Champ d'Honneur.

O - P

ORBELLO.

Jean Orbello est né à Antibes le 18 novembre 1902 où son père était entrepreneur. Il fera des études d'ingénieur à l'Ecole d'Electricité Industrielle de Paris. Dès juin 1940, il répond à l'appel du général de Gaulle et rejoint la Résistance des Alpes-Maritimes. Il participe à de nombreuses actions, organise un service de presse clandestine, créé plusieurs groupes francs dont le groupe "Olivier" qui mène des actions de sabotage. En 1943, il intègre le groupe des FTP, participe à de nombreux combats lui valant d'être nommé capitaine de la 9e compagnie. Membre de l'Etat-major des FFI, il est nommé en juin 1944 chef de secteur nord des Alpes-Maritimes. Il prendra part aux combats amenant la libération de Nice. En mai 1945, il est envoyé en Allemagne comme commandant des camps de Bergzabern et de Wollmensviller. Après la guerre, il intègre l'armée de l'air et prendra sa retraite en 1946 avec le grade de commandant de réserve de l'armée de l'air. Il décèdera à Nice le 14 septembre 1953. à 51 ans.

Cette plaque se trouve sur la maison où il est né au 11 rue du docteur Rostan.

Jean Orbello. Photo du site de l'ordre de la Libération.

PAGLIUZZA.

Georges Innocent Pierre Pagliuzza est né à Antibes le 20 juin 1924 dans la maison marquée par cette plaque, au n°24 de la rue de la République. Il trouvera la mort dans un accrochage avec les soldats ennemis à Gourdon le 21 août 1944.

PAUL.

Cette rue s'appelait autrefois "rue du printemps". Elle changera de nom afin d'honorer Marcel Paul (1900-1982), membre du parti communiste, résistant, déporté à Auschwitz puis à Buchenwald. Après la guerre, il sera ministre à plusieurs reprises, membre du comité central du parti communiste de 1945 à 1964 et député. Il sera nommé officier de la Légion d'Honneur  en 1982 peu de temps avant sa mort.

PIEDEFER.

En 1935, les bains-douche municipaux ont pu être aménagés dans les casemates du boulevard d'Aguillon grâce à un don de Mme Anne-Jeanne Jolivet veuve Piedefer. En remerciement, une plaque fut fixée sur le mur de la Courtine. Au cimetière Rabiac, une plaque de remerciements a été scellée aux pieds de sa tombe.

R

REILLE.

Les "Reille" sont une vieille famille antiboise présente à Antibes dès le début du XVIIe siècle. Le représentant le plus célèbre en est le comte Honoré-Charles-Michel-Joseph Reille né à Antibes le 1er septembre 1775 au n° 7 de la rue du Puits-Neuf devenue aujourd'hui rue Georges Clemenceau. La plaque ci-contre est fixée au-dessus de la porte d'entrée de cette maison. Ayant fait une brillante carrière militaire dans les armées révolutionnaires puis napoléoniennes, il devint pair de France, grand-croix de la Légion d'Honneur, devint "gentilhomme de la chambre du roi", maréchal de 17 septembre 1847 et sénateur de l'empire en 1852. Il épousa la fille de Masséna également née à Antibes. Il mourut à Paris le 4 mars 1860 Il occupe la même tombe que son frère d'armes Masséna au cimetière du père Lachaise

RESISTANTS.

Sur la droite de la route nationale allant à Nice, avant le pont qui enjambe la Brague, se trouve un petit monument qui rappelle le sacrifice de deux antibois tués lors des affrontements pour la libération d'Antibes. Il s'agit de Marius Albert né le 1er mars 1910 à Beziers, cuisinier, père de deux enfants et de Joseph Charles Daver, né à Cannes en 1895, plombier, domicilié avenue de la Verte Pagane à Antibes. Ils furent tués tous les deux le 24 août 1944 en défendant le blochaus du pont de la Brague, attaqué par des grenadiers de la 148e Ersatz division. La stèle sera élevée en 1946 et rénovée en 1985.

Joseph Daver

ROBILLARD-COSNAC.

Issu d'une famille originaire de Saintonge, le comte Georges de Robillard-Cosnac faisait partie de ces "fous volants" qui firent les débuts de l'aviation. Il était né le 18 juillet 1884 à Nice. Il s'était pris de passion pour le pilotage des avions, pratique nouvelle à l'époque. Il obtint son brevet de pilote le 29 août 1910 avec le numéro 184. En 1910, il avait participé comme aviateur militaire aux grandes manœuvres de Picardie. Le 4 mai 1912, il partit de l'aérodrome de la Californie à Nice vers 4 heures avec un vent violent. Alors qu'il s'apprêtait à atterrir au champ d'aviation de la Grimaude, à 150 mètres de hauteur, les ailes de son monoplan Antoinette furent brutalement arrachées. L'appareil partit en vrille, chuta brutalement et percuta le talus du chemin de fer à hauteur de l'embouchure de la Brague. Il fut tué sur le coup. Le monument fut élevé sur les lieux mêmes de l'accident. Plus tard, il fut déplacé en raison de la construction de la route du bord de mer de l'autre côté de la route avant d'être à nouveau déplacé et mis devant la gare de Biot.

Photo de l'accident parue dans le Petit Niçois.

Le comte de Robillard-Cosnac.

ROCHAT.

Philippe Victor Rochat est un ingénieur né à Lyon le 2 juillet 1894. Venu à Antibes en 1940, il rejoignit rapidement la Résistance locale du mouvement Libération créé par Emmanuel d'Astier de la Vigerie, sous le nom de Dussauge. Il devint commandant des FFI de la 15e région où il créa le groupe d'action Armanet. Il sera arrêté à Grasse le 14 octobre 1943, transféré à Compiègne, puis envoyé à Mauthausen. Il moura le 16 septembre 1944. Il reçut plusieurs décorations à titre posthume : médaille de la Résistance avec rosette, croix de chevalier de la Légion d'Honneur et la croix de guerre avec palmes. Il est enterré au cimetière de Rabiac.

S - U

SALIS.

Au port de la Salis, une plaque interpelle. Elle a été placée là pour valoriser le travail réalisé par deux plongeurs scaphandriers, Xavier Attard et Marc Geria, qui ont ramené une pierre de la petite Grenille, l'une des deux petites îles de la Salis. Celle-ci étant la plus petite des deux devrait prochainement disparaître en raison de la montée des eaux. Cette pierre serait en quelque sorte, le souvenir d'un temps passé où ces îlots étaient le point d'attraction des baignades.

SCOTT FITZGERALD.

Francis Scott Fitzgerald (1896-940) est un écrivain américain, auteur de succès planétaires comme le roman "Gatsby le magnifique", ou encore "L'étrange histoire de Benjamin Button", "Tendre est la nuit". Il était un hôte assidu du Cap d'Antibes, à l'Hôtel du Cap où à la villa Eilenroc, avant de louer avec sa femme Zelda la villa Saint Louis à Juan-les-Pins, qui deviendra plus tard l'hôtel Belles-Rives. Chaque année, cet hôtel organise la remise du prix Fitzgerald créé en 2011 par la propriétaire actuelle de l'hôtel. La plaque se trouve sur la façade de l'hôtel.

Il aura une fin de vie difficile et mourra d'une crise cardiaque à Hollywood.

SOUPE POPULAIRE.

C'est au numéro 1 de la rue du Marc que se trouve cette plaque qui rappelle qu'à cet endroit se trouvait l'œuvre de bienfaisance créée en 1939 par M. Howard V. B. Wilcox, un riche Américain propriétaire du "Domaine de la Sarrazine". La soupe populaire d'Antibes fut d'abord installée dans la maison Giovanni au n° 9 de la rue du général Vandenberg. Les locaux devenant trop éxigus, M. Wilcox acheta l'immeuble au 1 rue du Marc. Les nouveaux locaux ouvrirent le 8 avril 1940. M. Wilcox reçut le titre de "Citoyen d'honneur de la ville " le 16 avril 1940.

STAHL.

L'abbé Robert Stahl est né à Lille en août 1893 d’une famille originaire d’Alsace ayant dû fuir l’occupation allemande en 1871. Robert Stahl fit des études de droit et s’inscrivit comme avocat au barreau de Lille où il exerça de 1914 à 1954. Il devint prêtre en 1933, et fut vicaire à Dijon de 1934 à 1936. 
Pendant la guerre de 39-45, tout en continuant à assurer son ministère, il eut une intense activité pour sauver les enfants juifs qu’il emmenait parfois dans son propre véhicule afin de les mettre à l’abri dans divers établissements dont l’orphelinat Notre-Dame à Loos (Nord) qui était alors sous son autorité. En septembre 1942, il fit admettre dans plusieurs établissements religieux quarante enfants juifs qui avaient été sauvés d’un train de la mort par les cheminots alors qu’il était en gare d’Hellemmes. 

Il sauva également de nombreux enfants de la fondation Rothschild et de l’orphelinat de la rue Cadet à Paris. Il fut nommé à Antibes en 1954 où il noua des liens d’amitié avec Picasso. Il a laissé un excellent souvenir chez ceux qui l’ont connu. Ayant guéri «miraculeusement» d’un carcinome à l’œil, il mourra le 27 mars 1983 dans un banal accident de la circulation à l'endroit même où se trouve la plaque, au croisement entre le boulevard Foch et la rue Niquet. Il sera reconnu comme «Juste parmi les Nations» et il plantera son arbre dans l’allée des Justes à Jérusalem le 28 mai 1970.

UNBROKEN.

Tout au bout de la pointe de l'Ilet, faisant face au grand large, une stèle rappelle l'épopée du sous-marin Unbroken, petit bâtiment de la Royal Navy. Il fut lancé le 4 novembre 1941 et rejoignit la 10e flotte basée à Malte d’où il participa à de nombreuses missions en Méditerranée. C’est à ce titre que dans la nuit du 20 au 21 avril 1942 (opération Delay II), venant de Gibraltar, il fut amené à débarquer sur la côte antiboise, dans l'anse de l'Ilet, le capitaine Peter Churchill agent du Special Operations Executive (SOE) qui accompagnait deux radio-opérateurs également membres du SOE : Isidore Newman dit « Julien » pour le réseau « Urchin » dirigé par Francis Basin, et Edward Zeff alias « Mathieu » pour le réseau « Spruce » de Georges Duboudin, qu’il accompagna en ville jusqu’à leur planque située dans la maison du Docteur Elie Levy (voir ce nom) au 31 avenue du Maréchal Foch. 

Il y retrouva Emmanuel d’Astier de la Vigerie alias Bernard, qui avait fondé à Cannes un mouvement destiné à organiser des sabotages, « La Dernière Colonne », qui repartit avec lui pour Gibraltar d’où d’Astier put gagner Londres où il rencontra le général de Gaulle. 
L’Unbroken rejoignit l’Angleterre en décembre 1943. Le 26 juin 1944 il fut loué à la marine soviétique avec un certain nombre d’autres unités des flottes américaines et britanniques. L’Union Soviétique restitua l’ensemble des vaisseaux loués en 1949, lorsque lui fut transféré une partie des unités de la flotte italienne. Le vieux sous-marin fut alors désarmé et démantelé en 1950.

V

VANDENBERG.

Le général Charles Alexis Vandenberg est né à Antibes le 20 janvier 1858 dans la rue James Close. Brillant militaire ayant participé à de nombreuses campagnes, il fut grièvement blessé aux Dardanelles mais reprit, malgré son handicap, du service pendant la "Grande Guerre". Il fut gouverneur du Grand Liban. Nommé général en 1917, il reçut les insignes de Grand-Croix de la Légion d'Honneur en 1927 des mains du Maréchal Pétain. Devenu aveugle, il se retira à Antibes dans la "Villa des Alpes" au quartier de la Salis où il finit sa vie le 14 janvier 1942.

Une plaque à sa mémoire a été apposée sur la façade du n° 32 de la rue James Close. Mais la maison natale du général se trouve en fait au n° 34 comme l'indique l'imposte en ferronnerie portant ses initiales au-dessus de la porte d'entrée.

VAUBAN.

Le port Vauban, qui a succédé au vieux port d'Antibes, fut inauguré le 7 février 1971 sous la municipalité Pierre Delmas après deux années de travaux. Le nouveau port, vaste de 25 ha offre plus de 1 500 poste d'amarrage.

VERDUN.

La ville a souhaité honoré les soldats de Verdun en installant cette stèle au niveau du rond-point de Saint-Roch, ainsi dénommé en raison de la proximité de l'anse et de la chapelle Saint-Roch.

Stèle côté rond-point.

Stèle côté port.

VERNE.

Jules Verne (1828-1905) écrivain visionnaire a séjourné à quatre reprises entre 1874 et 1879 à la villa "Les Chênes Verts" appartenant à Adolphe d'Ennery, auteur dramatique qui connut une certaine renommée à la fin du XIXe siècle. C'est là, voyant les rochers déchiquetés du Cap d'Antibes, qu'il aurait tiré quelques idées pour son roman Vingt-mille lieues sous les mers.

VICTIMES DE L'ATLANTIQUE.

Le 25 juillet 1936, l'hydravion L.O.H. 47 qui devait prendre la place des anciens appareils en service sur la ligne de l'Atlantique sud Dakar Natal, commença ses essais à Antibes. Piloté par Lucien Bourdin, les premiers vols se passèrent sans problème. Mais le 19 mai 1937, après un premier vol matinal sans difficulté, le second vol dans l'après-midi s'avéra tragique. Lancé sur les flots de l'anse Saint Roch, au moment de décoller, l'appareil fut déséquilibré et piqua du nez, l'aile s'enfonça dans l'eau et les moteurs calèrent. Une explosion se produisit et un incendie se déclara. L'hydravion coula entrainant dans la mort cinq personnes dont le pilote. 

Un monument, disparu aujourd'hui, fut élevé en souvenir des victimes. Une plaque en souvenir de cet accident qui eut un retentissement national, sera placée sur le mur de la porte marine côté port.

VIEILLE GARDE.

Sur le mur extérieur de la chapelle Saint Esprit, cette plaque rappelle qu'ici furent enfermés le 1er mars 1815 les grognards envoyés par Napoléon sous le commandement du capitaine Lamouret, afin d'essayer de rallier les troupes antiboises à sa cause. Les officiers quant à eux furent mis aux arrêts dans la rue des Casemates (voir ce nom).

VINSON.

Plaque du cimetière Rabiac qui rend hommage à André Vinson, né le 21 avril 1898 à Vatan dans l'Indre. Il était clerc de notaire, partit à Paris pour travailler comme fondé de pouvoir dans une banque. Puis il vint à Antibes en 1940 pour y ouvrir un cabinet d'assurances. En 1950, il fut choisi pour présider le comité d'Antibes de la Croix-Rouge française créé par le docteur François Delmas. Il fut également conseiller municipal et adjoint au maire Pierre Delmas. Il fut décoré comme officier de l'ordre de la Légion d'Honneur.

Il mourut le 6 février 1993 à Antibes à l'âge de 94 ans