Antibes historique
Notre Dame de la Platéa ou Notre Dame de l'Immaculée Conception.
Elle aurait été élevée, selon le veut la tradition locale, sur les fondations d’un temple romain peut-être dédié à Diane ou à Minerve. Un premier édifice paléochrétien sera édifié au cours du Ve siècle, au pied du castrum romain. Le premier évêque en sera Saint-Hermentaire ou Armentaire (voir la rubrique Personnages/Lettre A). La cathédrale actuelle aurait été construite au milieu du XIIe siècle, grâce à un don du comte de Provence Raimond-Béranger, sur les restes d’un édifice primitif du VIe siècle, détruit par les barbaresques en 1124. Le nouvel édifice sera construit selon les plans d’ensemble d’une grande simplicité à trois nefs que l’on voit aujourd’hui, dont la structure évoque les églises de l’ordre chalaisien. On construisit également la tour de guet dite tour sarrazine, haute de 40 m qui sert actuellement de clocher.
En 1244, le siège de l’évêché sera transféré à Grasse, au grand dam de la population antiboise. En 1385, la petite chapelle Saint-Esprit, attenante à la cathédrale, sera construite contre le flanc nord, sur les restes de l’ancien cloître, afin d’y installer les Pénitents blancs. Une porte permet toujours la communication entre les deux bâtiments.
La cathédrale sera profondément remaniée après le rachat de la ville par le roi Henri IV en 1593. En 1710, la cathédrale sera dotée d’un magnifique portail en noyer sculpté par Joseph Dolle, représentant les deux saints protecteurs de la ville : Saint Sébastien et Saint Roch, et au-dessus, l’adoration du Saint-Sacrement (classée monument historique le 5 octobre 1989). Elle sera fortement endommagée lors du bombardement de la ville assiégée pendant la guerre de succession d’Autriche en 1746-1747. La façade sera remaniée en 1848 selon les plans du colonel Gazan qui fera rajouter un fronton et des colonnades, donnant à la façade un aspect italien.
La façade de la cathédrale d'Antibes a été classée parmi les monuments historiques le 16 octobre 1945
Enfin, en 1991, une nouvelle restauration sera faite par l’architecte en chef des monuments historiques de Paris, M. Jean-Claude Yarmola, qui lui donne son aspect de type provençal actuel.
Façade du XIXe s. (Guide Joanne).
Façade après restauration de 1991
Façade au début du XXe s.
L'autel de l'église primitive d'après le croquis de A. Gazan.
Il recèle un certain nombre d'oeuvres de grand intérêt.
Chapelle du Saint Sacrement
Chapelle du Baptème
Portail
Saint Sébastien
Saint Roch
En ce qui concerne Antibes, le grand vitrail représentant l’Ascension du Christ est clairement signé « A. Doumerc, Toulouse ». Quant aux autres vitraux, il est difficile d’être affirmatif, mais il est certain que plusieurs détails permettent d’avoir une idée de l’origine : les couleurs très saturée, typiques des ateliers influencés par Louis-Victor Gesta, célèbre maître verrier toulousain. Le décor général de la représentation montrant un fronton avec colonnes et arc décoratif, est assez caractéristique des ateliers toulousains de la fin du XIXe siècle. De même, la réalisation des visages assez réalistes, clairement dessinés, les yeux marqués, le nez long et droit, la barbe faite par petites mèches fines et régulières. Les drapés sont très marqués avec des couleurs saturées. Tout ceci oriente vers ces mêmes ateliers. Enfin, deniers détails, l’encadrement architectural du vitrai avec des colonnes stylisées, un fronton décoratif, des motifs répétés rouges/verts/blancs et de petites fleurs dans la bordure.
Si l’on regarde bien les éléments décoratifs, un œil de spécialiste va repérer des éléments décoratifs qui se répètent :
• 🔵 fond bleu très saturé dans l’arc
• ⚪ rangée de petites perles blanches circulaires
• 🔺 petits triangles rouges
• 🌿 motifs de feuilles vertes stylisées
• 🌼 petites fleurs jaune/orange
Ce type de bordure est très caractéristique des vitraux néo-gothiques de la fin du XIXᵉ siècle. Ce qui est intéressant ici :
1. La frise de perles blanches parfaitement régulières
→ très fréquente dans les ateliers du sud de la France.
2. Les petites fleurs quadrilobées blanches
→ motif qu’on retrouve souvent dans des vitraux produits à Toulouse entre 1880 et 1910.
3. Le mélange rouge-vert-jaune dans les écoinçons
→ style très utilisé par des ateliers comme l’atelier Antonin Doumerc et L’atelier Louis Victor Gesta
En conclusion, les vitraux de la cathédrale d’Antibes présentent des caractéristiques qui les identifient avec une forte probabilité à la production des ateliers toulousains de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle. Parmi ceux-ci, l’atelier Doumerc a produit le grand vitrail du Christ de l’Ascension. Pourquoi cet atelier n’aurait-il pas réalisé les autres vitraux ?
L’idéal serait de retrouver une signature. Celle-ci devrait se trouver en bas du vitrail en dessous des pieds du sujet, sous le cartouche portant le nom. Mais il n’est pas possible d’approcher des vitraux.
Il s’agit d’un maître verrier toulousain dont l’œuvre s’est étalée de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1920. Il fait partie des maîtres toulousains qui ont repris la tradition du grand maître verrier Louis-Victor Gesta. Il est mentionné dans « l’Annuaire de la Haute-Garonne » dès 1882 sous la rubrique de « Fabricants de vitraux peints », et ce jusqu’en 1922. Son atelier se situait au 86 rue des Chalets à Toulouse. En 1913, on le retrouve au 69 avenue de Paris.
Il travailla avec son fils Gabriel. Il réalisa de nombreux vitraux dans le sud de la France : à Toulouse, Église des Minimes (vitraux du chœur représentant des scènes de la vie de Jeanne d’Arc), à Trans-en-Provence (vitraux de l’église).