La Halle du marché

Il existait en fait trois lieux dédiés au commerce installés le long et sur le cours Masséna et dans son prolongement vers la porte marine.

  • La halle aux poissons créée en 1848.
  • La halle du marché ou marché provençal installée en .
  • Le marché aux fleurs créé en 1898.

 

La Halle aux poissons

Le marché provençal est une des attractions de la vieille ville. On y trouve réunis les gens de la ville qui viennent s'approvisionner, les touristes attirés par la couleur et les senteurs locales. 

La transformation de la Place Vieille, devenue en 1847 cours Masséna, en lieu dédié au commerce a commencé le 13 mai 1846 par le débat en conseil municipal sur un projet de création d'une halle couverte destinée à la vente des poissons frais. Antibes a toujours été une ville tournée vers la mer. Les marins ont toujours eu de l'importance dans la structure sociale de la communauté antiboise. La pêche a, depuis les premiers temps, été une activité importante pour la ville. Il fallait donc arriver à écouler le produit de la pêche avec de bonnes conditions d'hygiène. C'est ainsi que la municipalité dirigée par Jean-Baptiste Rostan se saisit du problème. Un premier projet fut fait et débattu le 13 mai 1846 en conseil municipal et transmis au Préfet. Mais l'intervention de l'architecte départemental M. Lantoin, fit échouer le projet car il demandait la destruction de la tour Testoris afin de réaliser une esplanade suffisamment vaste. Or la propriétaire de la tour, Melle Claire Dehaie, en demanda une somme exagérée et le projet fut abandonné avant de revenir le 7 juin 1847, sous une forme un peu différente, deux ans plus tard. Il n'était plus question de détruire la tour (et heureusement). Les travaux se firent sur deux ans, de 1848 à 1849 à l'endroit où se trouve aujourd'hui le petit parking sous la Tourraque. Après un peu plus d'un siècle de bons et loyaux services, la halle aux poissons sera détruite car elle cachait les vieilles fortifications et fut jugée "inesthétique". Sa destruction fut faite en 1959 sous la municipalité Pierre Delmas, ce qui dégagea un espace pour stationner les voitures, ce qui n'est guère plus esthétique.

La halle aux poissons avec ses arcades

La Halle du Marché.

Histoire.
Ce lieu constitue aujourd’hui un des lieux les plus attractifs pour les touristes visitant la ville. En dehors de l’aspect pratique, il présente un lieu de vie, de convivialité et permet de se plonger dans l’ambiance de la Provence. Mais, il n’a pas toujours été ainsi que nous le voyons.
Situé au pieds des vieux remparts, cet espace prit le nom de Place Vieille lorsque la ville s’étendit peu à peu au-delà de ces vieux murs. Venant de la Tourraque, il descendait doucement vers la Porte Marine. Son nom lui avait été donné afin de faire pendant à la Place Neuve, devenue aujourd’hui la Place Nationale. Sous la Révolution, la place prit le nom de Cours de la Liberté, puis cellui de Place Dauphine après le retour de la monarchie. En 1844 une trentaine de micocouliers seront plantés de part et d’autre du cours qui prendra en 1847 le nom de cours Masséna.
Il est, au moins depuis le Moyen-Âge, utilisé par les producteurs locaux afin de vendre leur production : huile, vin, fruits et légumes.
En 1848, un adjoint dénommé Chabert, proposa d’installer des escaliers et des trottoirs afin de rendre la place plus agréable et plus confortable. Certains considérèrent alors que cela rendait le lieu dangereux : « Dans tous les pays on essaie de supprimer les casse-cous, mais à Antibes, on les multiplie » déclarait un chef du génie de la place nous rappelle R. Pettiti (Nice-Matin du 29 juin 2010).
En 1886, la municipalité dirigée par Robert Soleau décida de cimenter la partie centrale du cours sur une largeur de trois mètres afin de faciliter la circulation et rendre plus aisé le nettoyage.
Mais à l’usage, les commerçants firent valoir que la rentabilité de leur activité dépendait trop des caprices du temps, que ce soit de la pluie, pourtant rare, mais aussi du soleil souvent ardent. La décision d’installer une couverture pérenne en dur sera prise en 1926 par la municipalité de Charles Guillaumont (1925-1929) sur proposition des conseillers Dubois et Bourreau. Bien sûr, la question des arbres se posa alors. La peur de voir ce coin de ville perdre son cachet. Ceci n’arrêta pas le maire qui répondit ainsi : « Je déplore qu’il faille quelquefois supprimer certains arbres, mais soyez certains que leur suppression ne se fait pas sans nécessité absolue. Partout où les arbres peuvent être conservés, ils le sont. » Mais ici, l’installation de la charpente métallique justifia la coupe des micocouliers. Seuls deux d’entre eux seront conservés : l’un au bout du marché, l’autre à côté de l’ancienne chapelle Saite Claire devenue salle des associations. Mais le temps n’arrête pas son cours, si je puis dire, et l’usure gagne toutes les structures vivantes. En 2020, un diagnostic demandé par la mairie conclut que le micocoulier du marché était malade et risquait de se briser à l’occasion d’un fort coup de vent et de faire de gros dégâts vu son intrication avec la charpente du marché. Il fallut donc lui aussi l’abattre, ce qui fut fait en deux temps : d’abord la partie haute, puis le tronc, ce qui nécessité également un plan de désamiantage en raison de la présence de cette substance toxique dans la charpente métallique.


Le cours avec sa bordure de micocouliers.

Le cours un jour de marché.

Origine du nom actuel.
 Pourquoi un « cours ». Ce mot dérive du latin cursus, qui vient lui-même de curro, courir. Un cours désigne une large avenue urbaine, généralement plantée d’arbres, ce qui était le cas à l’origine, du cours Masséna comme on peut le voir sur un certain nombre de photos anciennes, et ce jusqu’en 1927. 
 Pourquoi « Masséna » : Au n° 21 du cours Masséna, sur la façade de la maison est apposée une plaque rappelant qu’André Masséna, natif de Nice le 6 mai 1758, s’était installé ici, dans cette maison, avec son épouse Marie-Rosalie Lamarre (1765-1829), fille du chirurgien de la ville Joseph Lamarre et de Marianne Hypolite Aubanel. Le mariage avait été célébré à Antibes le 10 août 1789. Ils ouvrirent au rez-de-chaussée de leur maison une boutique de fruits secs de Provence et d’huiles d’olives. Nous étions au début de la Révolution, et la municipalité d’Antibes décida de créer une garde bourgeoise dans laquelle André Masséna, ex-adjudant au régiment du Royal Italien trouva rapidement sa place comme capitaine-instructeur. Mais il avait le sentiment de végéter et la nostalgie de l’armée le tenaillait. Aussi, en juin 1791, l’Assemblée Constituante décida de lever des volontaires nationaux. Douze bataillons de volontaires nationaux furent ainsi créés de septembre 1791 à décembre 1792 pour le seul département du Var dont faisait alors partie Antibes. Masséna fut alors choisi, de par son expérience militaire, comme adjudant-major du 2e bataillon en garnison à Vence. Dès le 1er février 1792, il était élu par ses hommes lieutenant-colonel en second. La carrière antiboise de Masséna prenait fin, celle du futur maréchal débutait.
Ainsi, étant donné la réputation mondiale du Maréchal Masséna, le nom s’imposa de lui-même. C’est en 1860 que la municipalité alors dirigée par le Docteur Jean-Baptiste Rostan, décida de donner le nom du célèbre Maréchal à la place Vieille.

Le cours animé devant l'hôtel de ville.

Plaque apposée sur la façade de la maison qu'occupèrent Masséna et son épouse sur le cours qui aujourd'hui porte son nom. A remarquer les trois points formant triangle rappelant l'appartenance maçonnique de Masséna.

Le cours vu de la porte de l'Orme.

Trois images du cours animé. Les maisons de part et d'autre du cours constituaient ce que l'on appelait autrefois "La Borgada".

Deux personanges liés au cours.

Il y a effectivement deux personnages dont le nom fait partie de l'imaginaire antibois et qui sont indéfectiblement liés au cours. Il s'agit de Masséna dont nous avons déja parlé, et de Championnet.

Le buste de Championnet (voir dans Personnages historiques/ lettre C) trône en tête du marché couvert et nul n'imagine le voir un jour disparaitre pour gagner les réserves d'un musée. 

C'est à l’initiative de Monsieur Marquand, imprimeur à Antibes et adjoint au Maire Robert Soleau, qu'un monument fut élevé en son honneur devant l’Hôtel de ville et inauguré le 15 août 1891, en présence de nombreuses personnalités. Une grande fête nocturne fut organisée à Juan-les- pins, où Louis Gallet, hôte d'Antibes et librettiste de Massenet, récita un poème qu’il avait composé exaltant la glorieuse carrière de son compatriote.

 

La popularité de Championnet était telle que le cours avait été rebaptisé. CPA Berger.

En 1943, le buste, œuvre du sculpteur Léopold Morice , fut descellé et envoyé pour être fondu. Un dénommé Ristori, vendeur de vieux métaux, le retrouva à la fin de la guerre, à l’abri dans un entrepôt de Nice, et le buste pu alors reprendre sa place au cours d’une cérémonie qui se déroula le 24 septembre 1944 présidée par le député Henri Pourtalet.
Ce buste est à l’origine d’une expression qui était couramment utilisée par les vieux antibois. Quand ils ont un désaccord sur une dette, le débiteur lance alors : « Vas te faire payer chez Championnet », faisant allusion au buste sans bras.

Un autre monument, beaucoup moins visible, rappelle la mémoire du général Championnet, c'est son tombeau. Championnet serait mort le 19 nivôse de l'an VIII (9 janvier 1800) à Antibes dans l'hostellerie de la rue des Aigles d'or devenue rue Thuret. Il sera inhumé aux pieds du Fort carré mais son cœur sera envoyé à Valence, selon le désir qu’il avait exprimé. Il sera placé dans une urne qui aurait été offerte par Napoléon Bonaparte lui-même. Celle-ci sera installée le 7 septembre 1800 dans l’abside de l’église Saint Ruf qui était alors le « Temple de la Raison et de l’Être Suprême ». Deux ans plus tard, les protestants prirent possession des lieux, mais respectèrent le tombeau du général.
Au-dessus de l’urne, une plaque scellée dans le mur porte cette inscription :
« Ce monument renferme le cœur de Championnet, général en chef de l’armée d’Italie, né à Valence en 1762, mort à Antibes le 19 nivôse an 8 ».

Buste du Général Championnet sur le cours Masséna, et signature du sculpteur Léopold Morice.

Photos J. Maghérini

Tombeau du général Championnet au Fort Carré.

Le marché aux fleurs.

Il était installé depuis 1898 sur la place de la Marine devenue aujourd'hui la place Audiberti. Il consistait en une halle ouverte de 34 mètres de long, couverte par un toit en tôles ondulées, soutenu par des piliers en fonte. La production florale à Antibes était une activité très importante autrefois comme on peut le voir sur la carte postale des casernes. Malheureusement, plusieurs facteurs défavorables aboutirent à la disparition quasi-complète de cette activité.

La suppression de cette halle fut décidée en 1954.